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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 19:56

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/7/7d/Takeitfromtheman.jpg

The Brian Jonestown Massacre - Take It From The Man!
(album - 1996)

La pochette en dit long. Fini le shoegaze fatiguant (pléonasme), le Brian Jonestown Massacre opère un revirement stylistique spectaculaire pour ce troisième album en effectuant un bon de 30 ans en arrière. Un retour à la source de toutes les pops, de toutes les merveilles, un retour à la période sacrée 1965-1967.
Le groupe porte enfin fièrement son nom car tout ici honore au plus haut point Brian Jones et les disques des Rolling Stones auxquels il a participé (les seuls dignes d’intérêt donc). Des constructions à trois accords, faites de guitares cristallines, de percussions diverses, d’une production artisanale dépouillée au possible, de bidouillages divers et surtout de cette désinvolture mélodique de génie qui transforme la moindre chansonnette bricolée en tube absolu.
C’est l’école Aftermath, Between The Buttons et du bancal Their Satanic Majesties Request mais aussi celle des garagistes outre atlantique, de Love, des Byrds, un petit peu de Dylan et d’une myriade d’influences impossibles à recenser. La pop se marie au psychédélisme, au folk. La distorsion vient parfois épaissir les guitares, les claviers renforcer les ambiances. Tout est bon pour étoffer au maximum les morceaux, pas de restriction. Et c’est cet amateurisme sans limite qui rend l’ensemble si réjouissant. Chaque morceau possède ses particularités et il est impossible d’en décortiquer toutes les subtilités instrumentales, Anton Newcombe étant un collectionneur d’instruments aussi divers qu’exotiques (à l’image de Brian Jones). Sans compter les bricolages, les bandes passées à l’envers...
La seule certitude c’est que Take It From The Man! contient une tripotée de tubes dont la recette semblait oubliée depuis 1967. "Fucker", "Who ?", "Straight Up And Down", "Vacuum Boots" ou l’hommage magnifique "(David Bowie I Love You) Since I Was Six" pour les plus évidents. Mais il n’y a pas vraiment grand-chose à jeter ici. Seule la reprise allongée de "Straight Up And Down" en fin d’album est superflue.
Le plus étonnant étant encore que Take It From The Man! n’est que le premier disque d’une trilogie qui sortira en 1996 et dont les deux suites Their Satanic Majesties' Second Request et  Thank God For Mental Illness atteindront les mêmes cimes. Dingue!

Note: 9/10
Label: Bomp! Records
Support: Vinyle

 1. Vacuum Boots
 2. Who?
 3. Oh Lord
 4. Caress
 5. (David Bowie I Love You) Since I Was Six
 6. Straight Up And Down
 7. Monster
 8. Take It From The Man
 9. B.S.A
10. Mary, Please
11. Monkey Puzzle
12. Fucker
13. Dawn
14. Cabin Fever
15. In My Life
16. The Be Song
17. My Man Syd
18. Straight Up And Down (Version longue)

 

"Fucker":

 

"Oh Lord":

 

"Caress":

 

"(David Bowie I Love You) Since I was Six":


 

Vinyle:
The Brian Jonestown Massacre - Take It From The Man

Par Ben
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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 21:40

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51SMQYZzqEL._SS400_.jpg
Noel Gallagher's High Flying Birds

(album - 2011)

Si le vide abyssal constitué par le premier album de Beady Eye était assez prévisible, rien ne laissait présager de la teneur du retour discographique de Noel Gallagher. On le sait, le dissident guitariste d’Oasis était accessoirement le seul membre du groupe à savoir composer un morceau correct, ayant même à son actif un bon paquet d’hymnes générationnels, qu’on le veuille ou non. D’où le bide total des quatre autres ex-Oasis malgré les gesticulations aussi drôles que pathétiques d’un Liam se voyant déjà en nouveau Paul Weller alors que son 'talent' d’écriture frise la nullité.
Connaissant la voix fluette de Noel Gallagher, on imaginait ce premier essai dépouillé, simple, acoustique. Et c’est par un grand orchestre, une production survitaminée et des élans lyriques que débute "Everybody's On The Run". Loin de jouer la facilité, le guitariste se risque sur le terrain du chanteur sans en avoir les capacités. Le résultat aussi bancal soit-il, s’avère honorable par la prise de risque. Surtout que l’on se rend rapidement compte au fil des morceaux que ceux-ci sont toujours mélodiquement calibrés pour Liam. Et oui, Noel n’a jamais composé pour quelqu’un d’autre et même seul, tous ses morceaux comportent ces syllabes traînantes (le refrain de "Dream On", "(I Wanna Live In A Dream In My) Record Machine") ou des mélodies vouées à l’amplitude vocale de Liam ("AKA... Broken Arrow", "The Death Of You And Me"). C’en est presque attendrissant d’entendre le seul talent de la fratrie tenter de singer l’aisance naturelle de son frère, sans compter l’hommage sous-entendu par la démarche.
Passée la boursouflure d’introduction "Everybody's On The Run", qui semble juste là pour marquer son territoire, on retrouve une écriture typique, se rapprochant assez de la période Don’t Believe The Truth d’Oasis, enjolivée par la production maousse et des arrangements foisonnants. Certaines idées s’avèrent fructueuses comme les trompettes et la basse ‘Macca’ de "Soldier Boys And Jesus Freaks" ou les claviers habités et les percussions de "AKA... Broken Arrow". Les cuivres jazzy de "The Death Of You And Me" apportent quant à eux une touche nostalgique et ténébreuse faisant écho aux paroles emplies de la rupture fratricide des deux Gallagher. La tentative très pop "AKA... What A Life!" est également bienvenue, insufflant de la respiration au milieu de l’album.
Finalement les gros points faibles de cet album proviennent à chaque fois des morceaux trop typés Oasis. Si "Dream On" tient encore la route, les ballades "Stop The Clocks" et "(I Wanna Live In A Dream In My) Record Machine" rappellent trop la propension à vouloir ériger des hymnes de stades à partir de rien en surjouant au maximum et en noyant le tout dans des surcouches d’instruments. Mais le comble vient de "If I Had A Gun...", ballade insipide où Noel se rabaisse au niveau de composition de Liam. Il aurait pu s’en passer...

Note: 6/10
Label: Sour Mash
Support: Vinyle

 1. Everybody's On The Run
 2. Dream On
 3. If I Had A Gun...
 4. The Death Of You And Me
 5. (I Wanna Live In A Dream In My) Record Machine
 6. AKA... What A Life!
 7. Soldier Boys And Jesus Freaks
 8. AKA... Broken Arrow
 9. (Stranded On) The Wrong Beach
10. Stop The Clocks

 

"The Death Of You And Me":


 

"AKA... What A Life!" (avec Russel Brand):


 

"Dream On":


Vinyle:
Noel Gallagher's High Flying Birds

Par Ben - Publié dans : Britpop, Spacerock
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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 20:20

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51lfRD4hRfL._SS500_.jpg

The Shangri-Las - The Best Of The Mercury Years
(compilation - 1997)

L’histoire des Shangri-Las est d’abord celle de Shadow Morton. Un nom inquiétant qui sied à merveille à ce personnage hors du commun. Né George Morton, membre du gang des Red Devils de Brooklyn, il se cherche une destinée dans les bas-fonds new-yorkais et atterri un jour, entre autres jobs bancals, derrière un micro en tant que choriste d’un groupe de doo-wop. C’est lors d’un concert qu’il rencontre à la fin des années 1950, l’accordéoniste et chanteuse Ellie Greenwitch, encore parfaitement inconnue. Celle-ci deviendra bien vite une compositrice à succès pour le label Red-Bird de Manhattan.
A l’automne 1964, Morton passe ainsi la voir aux bureaux du label au Brill Building pour tenter sa chance en tant que chanteur ou pour la draguer. La raison est obscure mais il tombe par la même occasion sur son mari et partenaire de composition Jeff Barry, ex-caillera lui aussi. L’effusion de testostérone entraînant inévitablement un excès de connerie, Morton toise Barry en se faisant passer pour un meilleur auteur, alors qu’il n’a jamais rien écrit de sa vie. Jeff Barry le met alors au défi d’écrire un hit du niveau des tubes qu’il enchaîne avec sa femme. "Do-Wah-Diddy", "Baby Be Mine", "Da Doo Ron Ron", "Baby I Love You" ou encore "River Deep - Mountain High" tout de même, le niveau est élevé... Mais Morton relève le défi.
The Shangri -Las En une semaine, il fait jouer ses contacts de la rue, trouve studio, pianiste inconnu (Billy Joel) et groupe dans la déche à qui il écrit et fait enregistrer une démo de "Remember (Walkin’ In The Sand)". Jeff Barry est impressionné. Il réenregistre le morceau, le sort en single et engage Morton chez Red-Bird dans la foulée.
Le groupe, c’est bien évidemment les Shangri-Las. La chanteuse lead Mary Weiss, sa soeur Betty et les jumelles Marge et Maryann Ganser, adolescentes copines de lycée du Queens. Malgré quelques singles pour Smash et Spokane, elles peinent à se faire une place dans une scène girl groups new-yorkaise déjà foisonnante.
Mais Shadow Morton, en bon autodidacte, fourmille d’idées novatrices. Il change d’abord le look guindé des filles et les transforme en mini-Emma Peel à coup de cuir, bottes et autres tenues sexy. Ses morceaux vont ensuite aborder la thématique classique de ce genre de pop, les amours adolescents, de manière franche et directe voire parfois très crue: conflits générationnels, fugues, chagrins inexorables et même la mort comme ultime dénouement. Des thèmes shakespeariens abordés d’une manière très dramatique, à mi-chemin entre pop et théâtre.
N’étant pas compositeur, ce sont les auteurs et arrangeurs de Red Bird qui vont coucher sur bandes les désirs de Morton. Le patron et fondateur du label Jerry Leiber et son comparse Mike Stoller ainsi que le couple Greenwich/Barry mais surtout le producteur Artie Butler. Ceux-ci mettent de côté leurs habitudes et se plient à ses désirs farfelus en ajoutant aux morceaux bruitages, percussions, reverb...
Mais tout ceci ne serait rien sans l’interprétation hors pair de Mary Weiss, poussée dans ses derniers retranchements, vivant véritablement les évènements relatés par les paroles jusqu’à finir en pleurs en enregistrant. Les structures étoffent encore l’ambiance: monologues, récit de Mary et réponses des trois choristes... Autant d’artifices qui donnent une ampleur inédite à ses scénettes, une mélancolie palpable qui fait vite fureur chez les adolescents.
"Remember (Walkin’ In The Sand)" se classe ainsi n°5 du Billboard, son successeur "Leader Of The Pack" culmine à la première place. Les Shangri-Las explosent dès leurs premiers 45 tours. Passages parlés, mouettes pour le premier, accident de moto pour le second, changements de rythmes, ces deux morceaux imposent d’entrée la patte spécifique de Shadow Morton. Son inspiration foisonnante offre une succession de tubes imparables au groupe en brassant les thèmes. Fugue de la maison familiale sur la déchirante "I Can Never Go Home Anymore", veuvage pour "Dressed In Black" ou encore le viol et ses conséquences psychologiques sur l’ahurissante "Past, Present And Future" qui s’envole dans des tourbillons de violons.
Le couple Ellie Greenwich/Jeff Barry lui compose également des tubes sur mesure tels les chefs d’oeuvre "Out In The Streets", "Heaven Only Knows", "The Train From Kansas City", "What’s A Girl Supposed To Do?" ou "Give Us Your Blessings". Le morceau ultime du groupe étant sûrement "Right Now And Not Later" écrit et produit par Ronald Moseley et Robert Bateman.
Mais les Shangri-Las ne font pas des étincelles uniquement en studio. Leurs concerts s’avèrent eux-aussi emprunts de cette dramatisation et deviennent le défouloir des fans de plus en plus nombreux. Le groupe devient même une première partie de choix et ouvre pour les Beatles, James Brown...
Cette unanimité n’est bien entendue pas partagée par les critiques qui trouvent le groupe décadent, insensé voire vulgaire. En 1965/1966, l’évolution des moeurs n’est pas encore d’actualité et les Shangri-Las font grincer les dents des réacs encore bien assis sur des idées strictes et liberticides. Mais ce rejet n’est que façade, les journalistes sont tout de même fascinés par un phénomène qui devient vite international. Comment négliger une telle occasion de vendre du papier?
En 1966, Red Bird est racheté par Mercury. Morton continue sur les mêmes bases tout en essayant d’y intégrer les évolutions artistiques du moment: psychédélisme sur "The Sweet Sounds Of Summer" et arrangements baroques sur "I'll Never Learn". Mais le groupe n’étant pas dans les priorités promos du label, ces singles n’entrent même pas dans les cent premières places du Billboard. Le groupe vivote encore jusqu’à son split en 1969. Mais son aura reste encore bien vivace pendant des années. Certains artistes tels David Bowie ou Alice Cooper se réclament d’ailleurs rapidement de son héritage dramatique. Tout espoir de reformation s’éteint en 1971 avec la mort de Maryann Ganser, âgée de seulement 22 ans.
La fin des Shangri-Las a en même temps sonné le glas des girl-groups. Le genre ayant été poussé au maximum et la révolution pop ayant eu lieu entre temps, ce genre tomba définitivement en désuétude. Impossible de les surpasser...
Cette compilation regroupe une bonne partie de ce que le quatuor a enregistré. Quasiment tous les singles et leurs faces B ainsi qu’une bonne partie de leur second album, l’excellent 65!. 25 morceaux désormais classiques, quasiment rien à jeter, un son parfait ainsi qu’un livret correct.

Note: 9/10
Label: Polygram
Support: CD

 1. Remember (Walkin' In The Sand)
 2. Leader Of The Pack
 3. What Is Love?
 4. Give Him A Great Big Kiss
 5. Maybe
 6. Out In The Streets
 7. Give Us Your Blessings
 8. Heaven Only Knows
 9. Never Again
10. What's A Girl Supposed To Do?
11. The Dum Dum Ditty
12. Right Now And Not Later
13. The Train From Kansas City
14. I Can Never Go Home Anymore
15. Long Live Our Love
16. Sophisticated Boom Boom
17. He Cried
18. Dressed In Black
19. Past, Present And Future
20. Paradise
21. Love You More Than Yesterday
22. The Sweet Sounds Of Summer
23. I'll Never Learn
24. Take The Time
25. Footsteps On The Roof

"Right Now And Not Later":


"Remember (Walkin' In The Sand)":


"Leader Of The Pack":

Par Ben - Publié dans : US Sixties: Garage, Pop & Folk
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